Ce lundi 3 juillet, la commune de Nyon a prononcé des interdictions d’arrosage de pelouses et de remplissage de piscines en prévision de la sécheresse qui s’annonce. La semaine dernière, c’était Yens qui adoptait les mêmes restrictions, impactant ainsi la quinzaine de communes alentours dont l’approvisionnement en eau dépend des nappes phréatiques de Yens. Puisqu’on ne peut plus remplir les piscines, une question nous brûle les lèvres : les riches devront-ils aller se mélanger à la plèbe (beurk) sur la plage de Préverenges pour espérer se rafraîchir quelque peu ?
La réponse est non, fort heureusement. En effet, et c’est là que le réchauffement climatique est quand même bien foutu, comme on crève de chaud depuis à peu près un mois, nul doute que les piscines privées sont déjà pleines depuis fort longtemps. D’ailleurs, s’il demeure encore une piscine vide malgré les températures de juin dernier, des investigations s’imposent : il s’agit certainement d’un domicile fictif. De rien.
Mais revenons à l’écologie : si on voulait faire quelque chose de vraiment efficace, ne devrait-on pas bannir les piscines privées, tout simplement ? Après tout, le climat ne va pas aller en s’arrangeant, et les restrictions d’eau risquent fort de se reproduire d’année en année désormais. Or, si la sobriété estivale devient la norme, remplir sa piscine au printemps, c’est en quelque sorte tricher en devançant les restrictions. D’où questionnement de la légitimité à privatiser un bien commun pour un usage récréatif de luxe.
Un vent d’espoir
Mais à contre-courant de ces considérations climato-alarmistes, il existe un point de vue plus optimiste et moins « punitif » (comme disent les pollueurs) : celui du Syndic de Yens. Interrogé par Le Temps, l’élu s’est montré rassurant et a dressé le constat suivant : puisque nous sommes arrivés aux vacances d’été, une bonne partie des familles de la région vont partir, et ainsi laisser la nappe phréatique se rétablir tranquillement. C’est du génie : s’engouffrer dans un avion pour aller gaspiller des gallons de flotte en Espagne ou au Portugal plutôt qu’en Suisse, quel meilleur moyen de préserver notre or bleu ? En plus, on peut même le faire avec la conscience tranquille, car les population dont on va piller les ressources en eau nous doivent une gratitude éternelle, quand on voit la manne financière que leur rapporte notre tourisme ! Grâce à notre argent, ils pourront enfin s’acheter les biens de luxe qui leur faisaient défaut jusqu’alors. De l’eau, par exemple.
Loric Roberti
Auteur/Autrice
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Dessinateur suisse domicilié dans la région de Lausanne (Vaud).
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