H5N1, le virus de la dernière chance
Les moins jeunes d’entre vous se rappellent peut-être de H5N1, le virus qui « fait plus peur par les moyens mis en oeuvre pour l’éradiquer que par lui-même », pour reprendre les mots de Christophe Alévêque. Peu spectaculaire, quasi-intransmissible de l’animal à l’homme, ce petit microbe est pourtant notre dernière lueur d’espoir. L’espoir d’avoir un sujet sur lequel déblatérer sur TikTok et Twitter en attendant la prochaine guerre mondiale ou l’effondrement climatique.
On ne va pas se mentir, en 2023, le Covid-19 est devenu sacrément ringard. Et malgré les tentatives de relancer l’intérêt du public pour la guerre en Ukraine à grands coups de menaces nucléaires, force est d’admettre que ce conflit à l’Est ne passionne plus grand monde. Pour l’instant, les émeutes en France nous maintiennent encore quelque peu en haleine, mais pour combien de temps ? Devant cette situation médiatique désespérée, il semble que le salut soit appelé à venir des oiseaux. En effet, les cas de grippe aviaire se multiplient… chez les mouettes ! Il va falloir que quelqu’un se dévoue pour bouffer un de ces volatiles, si possible cru, pour qu’enfin les journalistes puissent échapper au chômage technique qui les menace. On les sent déjà piaffer d’impatience à imaginer Alain Berset nous annoncer un confinement des moineaux, et ordonner de mettre des masques FFP2 aux pigeons. L’équilibre de notre société de l’information à outrance serait-il entre les pattes de quelques piafs enrhumés ?
Loric Roberti
Auteur/Autrice
-
Voir toutes les publications
Pascal dessine pour la Torche Vaud depuis 2018. Il est également musicien et écrivain. Pour en savoir plus, va faire un petit tour sur son site...




Une réponse
Sympa !